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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

La java du jambon

J'ai l'impression de relire les aventures de Tintin… plus précisément Tintin et les Picaros ou L'Oreille cassée ou encore Le temple du Soleil. Mais les indigènes, cette fois-ci, sont en France. On les appelle "animalistes" mais je suis sûr qu'ils préféreraient "animistes" comme leurs cousins d'Amérique du Sud. Ils se prennent pour des Lévi-Strauss en culotte courte et s'attristent sous nos tropiques du sort réservé aux cochons, nos cousins. Et on les écoute. Un agriculteur vient de se voir infliger une amende de 96 000 euros parce que 128 de ses 2 600 petits cochons n’avaient pas de jouets ! Attention ! il ne s'agit pas de sextoys, comme pourraient le laisser croire les préjugés qui courent sur les mœurs porcines mais de dispositifs leur permettant d'apaiser leur stress, un peu comme les balles en caoutchouc pour ceux d'entre nous, humains, qui vivons mal les contraintes du bureau (ou qui préparons notre match de tennis du week-end… à moins que ce ne soit le lancer du cochonnet à la pétanque). Peut-être s'agit-il aussi d'éveiller l'esprit de ces porcelets ou encore de leur proposer un objet transitionnel, comme le doudou aux enfants, censé les aider à dépasser le conflit œdipien que tout mammifère qui a fait du grec ne peut qu'avoir connu quand il se traînait encore à quatre pattes. Tout est bon pour que le cochon s'épanouisse, ce qui rappelle un peu l'époque où la guillotine tranchait dans le vif et qu'on proposait au condamné un dernier verre ou une cigarette ou peut-être les deux dans un élan de générosité pour le moins suspect. Les végétariens n'ont évidemment pas ces états d'âme mais il se pourrait que ceux, en France, qui aiment toujours (et s'en repentent) le jambon-beurre, pensent pouvoir sauver leur peau à l'heure du Jugement dernier en veillant, aujourd'hui, à ce que leurs futurs jambons fassent joujou. 

Le cochon a désormais des droits mais il n'a toujours pas de mains contrairement à ce que pourrait laisser penser la rédaction de la directive "bien-être animal". Celle-ci exige en effet que les porcelets aient un accès permanent à des matières "manipulables". L'adjectif, jusqu'à présent, se rapportait à tout ce qu'on peut faire avec les mains. Et même si les mains se prêtent aussi aux cochonneries cela ne veut pas dire que les cochons peuvent en revendiquer l'usage. Dans Le Point, Jean de Kervasdoué propose "mandipulables". C'est toujours mieux que "groinipulables". Et il précise que priver 5% de ses porcelets de ces fameux jouets relève de la maltraitance animale et que c'est un délit. L’amende infligée à cet éleveur s’est donc accompagnée d’une inscription au casier judiciaire et toute récidive de sa part entraînera une interdiction d’exercer. L’inspectrice qui rédigea le procès-verbal le fit, dit-elle, "au nom de la démocratie". Faut-il en conclure que les cochons ont désormais le droit de vote mais que, par dérogation, ils peuvent "manipuler" l'enveloppe avec leur groin ? "A grogner !" (groin : bas latin grunium, du latin classique grunnire, grogner)

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