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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

Le Grand Bond en arrière

Je crois que les nationaux-écologistes (NE) veulent définitivement régler le "privilège blanc". Leur "décroissance" n'a que ce seul objectif en tête. Car pensez-vous sérieusement que les pays à forte croissance démographique vont mettre un terme à leur vigoureuse natalité. Même la Chine qui avait tenté l'enfant unique a changé de cap. Seuls les "vertueux" pays européens sont prêts à se lancer dans ce suicide collectif qui ne diffère de celui de la secte du Temple du peuple, au Guyana, que par sa langueur fin de siècle. Les NE veulent remettre au goût du jour la théorie de Malthus sauf que pour lui c'était un processus quasi automatique : la surpopulation entraînait la famine et la famine le retour à l'équilibre entre la nourriture et les bouches à nourrir. Il se contentait donc d'en constater l'inéluctabilité. Sauf que la corrélation entre surpopulation et famine a été largement démentie par l'Histoire. La croissance superlative des dernières décennies s'est accompagnée d'une baisse de 66% des terres cultivées nécessaires à l'alimentation mondiale. Les rendements agricoles progressent aussi vite sinon plus que la population. 

Ce n'est pas moi qui le dit, c’est Ferghane Azihari, et bien qu'il soit noir, il a le bon goût de ne mettre que son savoir en avant. 

Comme les nazis et leur penseur Heidegger, les écologistes ont la nostalgie d'un état de nature qu'on ne trouve que chez les Yanomami, quand ils ne font pas de conférences de presse, et chez Rousseau, l'intellectuel suisse et le père spirituel que Tariq Ramadan aurait aimé avoir. Selon F. A. interrogé par Le Point : "La spécificité de l’idéologie écologiste réside dans la dénonciation de la civilisation industrielle, c’est une idéologie qui reprend à son compte tous les poncifs rousseauistes qui accablent la modernité. Les écologistes accusent la civilisation industrielle de détruire la nature à mesure qu’elle se développe, ce qui sous-entend que les sociétés faiblement industrialisées, elles, bénéficient d’un environnement immaculé. En fait, les pays qui aujourd’hui sont le plus accablés par la pollution sont les pays faiblement industrialisés. [...] C’est à mesure que les peuples s’enrichissent qu’ils parviennent à se doter des technologies nécessaires à l’assainissement du monde."

F. A. démonte l'argumentation facile et linéaire du lien entre surpopulation et pollution : "On accuse la croissance démographique de rendre notre planète toujours plus toxique et inhabitable. À première vue, le raisonnement semble cohérent puisqu’on peut se dire que, toutes choses égales par ailleurs, plus il y a d’êtres humains sur Terre, plus on consomme, plus on produit de déchets, plus on pollue. Sauf que les choses sont rarement égales par ailleurs. À Paris au XIVe siècle, il y avait sans doute 200 000 habitants, contre 2 millions actuellement. Pourtant, je peux vous garantir qu’au Moyen Âge la pollution de l’air et de l’eau tuait beaucoup plus de Parisiens, en proportion de la population, qu’aujourd’hui. Une large démographie favorise le progrès technique , grâce à plus de cerveaux, plus d’émulation, plus de concurrence, plus d’innovation."

Les NE ne veulent pas de solution mais des excommunications sanglantes, comme les Khmers rouges. Comme eux, ils envisagent de réaffecter, avec toute la persuasion dont on les sent pressés d'abuser, 33% de la population aux travaux des champs. En privant parallèlement ces néo-ruraux de nourriture, ils pensent pouvoir accélérer le processus d'épuration des sols. F. A. : "Certaines personnes – Dominique Bourg ou Pablo Servigne, par exemple – ont l’honnêteté d’admettre que leurs modes de vie seraient particulièrement pénibles, puisqu’ils nous vantent un modèle de société où un tiers de la population active serait dans les champs. Nicholas Georgescu-Roegen, un économiste décroissant, écrit qu’il faudrait que l’humanité réduise ses effectifs jusqu’à ce qu’une agriculture biologique puisse assurer sa subsistance. On peut s’interroger sur les intentions de personnes qui sont pressées d’en finir avec un système industriel dont la destruction aboutirait à une hécatombe."

Ces apôtres des fausses solutions (tautologie) n'ont en fait qu'un seul objectif, abolir le nucléaire même si, certains, n'ignorent pas ses vertus les soirs d'ivresse, et, à travers lui, la société industrielle. F. A. : "Ce qu’ils veulent, c’est qu’on retourne à une société prémoderne qu’ils jugent plus vertueuse, plus conforme à leur éthique. Quand bien même le capitalisme industriel mettrait sur la table toutes les solutions pour résoudre le changement climatique, ces gens les refuseraient."

Pour autant, Ferghane Azihari, ne dit pas qu’il ne faut rien faire. Mais il se demande qui serait le plus efficace pour contrer les effets nocifs du progrès. Je lui cède sans regret les mots de la fin : "Je pense que les entreprises ont davantage intérêt et sont plus compétentes et mieux placées que les États pour innover. Il n’y a rien de plus court-termiste qu’un politicien qui, les yeux rivés sur la prochaine élection, est obligé de composer avec des forces politiques contradictoires et hypocrites sur la question climatique. La clé de la solution réside dans la société civile. Je pense que quelqu’un qui épargne, qui investit en Bourse, par exemple dans une industrie qui œuvre dans le nucléaire, fait beaucoup plus pour le climat que le bobo qui consomme bio."

Les Écologistes contre la modernité. Le procès de Prométhée, de Ferghane Azihari (La Cité, 240 p., 18 €). À paraître le 7 octobre.

Qu'on se le dise (désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher).

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