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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

Mars ou la Lune ?

La connaissance progresse mais connaîtrons-nous un jour tout ce qu'il est possible de connaître ? Socrate, déjà, en doutait. N'a-t-il pas dit : "Je sais que je ne sais rien". Le philosophe britannique A. C. Grayling est sur la même longueur d'onde.  Un article du Point détaille ses arguments. En voici un : nous sommes limités par notre condition humaine. Par exemple, la limite de l’univers dont la distance est évaluée à treize milliards d’années-lumière, est hors de notre portée. Quand l’information, sous forme d’onde lumineuse, nous atteindra, elle aura voyagé pendant treize milliards d’années, et nous, nous serons morts depuis huit milliards d'années après que la terre ait été happée par un soleil 400 fois plus grand que sa taille actuelle.

En histoire, l’horizon des connaissances humaines au début du XIXe siècle, n'allait pas au-delà de 5 000 ans, essentiellement concentrées sur la Grèce et la Rome antiques. Les Assyriens étaient largement méconnus avant l’excavation de leur capitale, Ninive, en 1838. La civilisation égyptienne était comprise à travers le miroir déformant de suppositions et de références bibliques jusqu'à ce que Jean-François Champollion parvienne à décrypter les hiéroglyphes en 1822.

C’est en neurologie que le fait que plus nous apprenons plus notre ignorance s'étend, apparaît le plus nettement. L'étude par le médecin français Jean Pierre Flourens, au milieu du XIXe siècle, des lésions cérébrales et de leur répercussion sur le comportement, fut le point de départ de la discipline. Grâce à l'IRM nous parvenons aujourd'hui à comprendre certains  mécanismes du cerveau. Mais ses 86 milliards de neurones créent un réseau d’une telle complexité que même les modélisations informatiques les plus sophistiquées ne parviennent pas à le représenter. 

J'avoue ne pas avoir tout compris… car un autre paramètre doit sans doute être pris en compte, l'âge (je ne parle pas de celui de la science mais du mien…). Certains y verront une excuse et fredonnerons la fameuse chanson de Brassens sur les c… dont le titre m'échappe. Bienheureux les faibles d'esprit qui ne savent pas qu'ils ne savent pas, le royaume des fake news leur appartient et force est de constater qu'ils l'occupent sans en avoir demandé la permission. Au fait, êtes-vous vaccinés (are you experienced) ?... je vous dirai qui vous êtes...

La proposition inverse mérite elle aussi d'être étudiée (surtout par ceux qui n'ont pas de passe sanitaire) : la connaissance régresse et il se pourrait que nous ayons tout oublié dans un avenir proche. Bien sûr, là encore, il convient de circonscrire le problème comme le ferait un chirurgien avant d'opérer. Focalisons donc. Ainsi, alors qu'on voyagera bientôt vers Mars, les socialistes nous promettent toujours la Lune. En cette aube du XXIème siècle, période bénie des cieux où règnent en maîtres Elon Musk, Jeff Bezos et Richard Branson, Anne Hidalgo, elle, prétend marcher sur l'eau et multiplier les petits pains dans le désert (manière spirituelle, au sens biblique, d'évoquer sa promesse de doubler le salaire des professeurs dans ces zones désertées par la pensée rationnelle qu'on appelle ZEP). Cette promesse serait tellement coûteuse que même Jean-Luc Mélenchon s'en est aperçu. Et Bruno Lemaire dans son prêche du lundi soir a annoncé que "Le temps de l'argent qui tombe du ciel est fini." Les milliardaires américains qui étaient en orbite ne l'ont pas entendu (il y a beaucoup de friture sur la liaison avec les États-Unis, en ce moment) et de toute façon, eux, l'argent les fait plutôt monter au ciel dans une course aux étoiles qui ravale Pékin express au rang d'amuse-gueule. 

Puisque j'ai commencé par la science pour asseoir mon propos comme on le fait d'un enfant sur sa chaise, je vais encore recourir à cette autorité pour me grandir un peu. La psychologie évolutionnaire pourrait expliquer les différences d'ambition entre les capitalistes yankee et la maire de Paris. Chacun des deux sexes utilise ses ressources disponibles pour améliorer les composantes sexuelles de sa valeur sur le marché de l’accouplement – l’affichage ostentatoire de leur statut social pour les hommes et les produits de beauté pour les femmes. Vous aurez bien compris que ce genre de considérations n'est pas du tout mon genre. Rassurez-vous, je l'ai empruntée à Laetitia Strauch-Bonart dans Le Point. Mais j'ai quand même peur d'être accusé d'avoir trouvé un moyen biaisé de me livrer à une attaque sexiste de bas étage (car il est convenu dans la brancho-sphère qu'on n'apprécie plus les femmes de la même façon qu'autrefois, s'attachant aujourd'hui aux aspects les plus éthérés de leur personne ; pourtant un tiers des hommes se mettent encore en couple sans chercher l'amour et privilégient d'autres critères sur lesquels je ne m'étendrai pas ; mais soit, faisons comme si la beauté n'avait plus cours)… donc pour me racheter, je me concentrerai sur le volet financier. L'augmentation du salaire des professeurs et consorts ne coûterait que 150 milliards sur cinq ans reconductibles... à comparer avec le coût du programme Apollo : 150 milliards de dollars (en valeur actuelle).

Vous me direz que la générosité envers le corps enseignant est plus utile que le tourisme, voire l'exploration spatiale. Est-ce que l'augmentation de leur salaire améliorera la performance de leurs élèves ?... pour en faire de futurs chercheurs ou ingénieurs en aéronautique, par exemple ? Et c'est oublier que les très riches ont une fonction sociale : leur fortune leur permet d’expérimenter des nouveautés hors de prix, afin que le coût de celles-ci diminue et qu’elles deviennent, un jour, accessibles au grand public. De la voiture au téléviseur, bien des objets industriels ont suivi cette pente. 

Jeff Bezos voit encore plus loin. Avant son départ, une journaliste de CNN l'a interrogé : "Il y a eu un certain nombre de critiques dénonçant le fait que ces vols vers l’espace sont de simples balades pour les riches et que vous devriez consacrer votre temps, votre argent et votre énergie à essayer de résoudre les problèmes que l’on rencontre ici, sur Terre, présente la journaliste au futur astronaute. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

- Eh bien, je réponds qu’en grande partie ils ont raison, confesse Jeff Bezos. Nous devons faire l’un et l’autre. Nous avons beaucoup de problèmes en ce moment sur Terre et nous devons y travailler, nous devons toujours avoir le regard tourné vers l’avenir. Nous l’avons toujours fait en tant qu’espèce, en tant que civilisation." Et d'ajouter : "Il s’agit de créer une route vers l’espace pour que les générations suivantes puissent y faire des choses incroyables, et ces choses incroyables résoudront les problèmes ici, sur Terre."

Sans considération de sexe, j'ajouterais, moi, cette question : qui vous fait le plus rêver : Anne Hidalgo ou Jeff Bezos ?

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