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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

Taubira vs Lagardère

Taubira, c'est l'inverse de Lagardère… pas le patron, le chevalier imaginé par Paul Féval et porté à l'écran avec Jean Marais dans le rôle principal (Le Bossu). Souvenez-vous : "Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !" Taubira, elle, c'est contre l'information qu'elle se bat : si l'information ne vient pas à elle, elle n'ira pas la chercher. Invitée à RTL pour la promotion de son livre (là, elle y va, c'est plus important que l'épidémie, sacrebleu...) on lui a demandé de s’exprimer sur la situation en Guyane où moins de 20 % des habitants sont vaccinés. "Je n’ai pas vocation à appeler à la vaccination, affirme-t-elle. Je suis un responsable politique qui n’est pas en exercice et qui par conséquent ne dispose pas des éléments d’information qui lui permettraient formellement, soit de donner une consigne, soit de considérer, au vu de ces éléments…" (le reste doit être encore plus incompréhensible ou bien la bande passante de RTL écrête au-delà d'un certain plafond afin de ne pas franchir le mur du c...) Ça reprend à : "Je tiens un propos responsable et je regarde comment fonctionne la société. Et avant de culpabiliser les Guyanais, je pense qu’ils doivent prendre, et prennent au sérieux, la question de la santé. Mais celle du poids de la légitimité de la crédibilité de la parole publique est une vraie question."

Taubira, l'information, il faut sans doute qu'elle lui soit apportée sur un plateau d'argent par un domestique en livré qui s'incline en annonçant : "L'information de Madame est servie !"

On ne peut pas lui reprocher son manque de courage politique puisqu'elle n'a plus de mandat. Elle ne manque pas non plus de sens politique, c'est-à-dire la faculté d'être toujours dans le vent dominant de l'opinion. À l'origine, elle était indépendantiste, soutenant les actions terroristes de son mari Roland Delannon au sein du Mouvement guyanais de décolonisation. Elle laisse tomber le militantisme de choc quand elle constate qu'il n'est plus soutenu par les Guyanais (pas fous les "colonisés" : OK pour les "réparations" qu'ils estiment que la France leur doit en tant que descendants d'esclaves mais aucune envie de devoir s'assumer seuls hors du giron métropolitain) pour le militantisme chic en votant l'investiture du gouvernement Balladur. Elle est ensuite quatrième de la liste Énergie radicale (quatrième de couverture…), menée par Bernard Tapie aux élections européennes de 1994. Après sa réélection à l’Assemblée nationale en juin 1997, elle rallie le groupe socialiste. Puis elle rejoint le groupe RCV (PRG-MDC-Verts-PCR). On voit que la fidélité n'est pas dans son ADN (elle s'est séparée de son mari qui ne supportait plus de devoir marcher dans son ombre).

Son coup de génie c'est bien sûr la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Elle se limite évidemment à la traite européenne puisque les Européens sont les seuls à vouloir se confesser. Elle reconnaît avoir éclipsé la question de l’esclavage dans le monde arabo-musulman pour que les "jeunes Arabes [de France] ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes". La logique n'est pas son fort, ou moins payante que le cynisme. Pourquoi ce qui est bon pour les maghrébins ne le serait pas pour les jeunes gaulois ? Ah oui… les maghrébins peuvent faire état de "colonisés" bien frais dans leur patrimoine. Les gaulois aussi ont été colonisés mais c'était il y a longtemps, par les romains, et ils ont su étonnamment en tirer la substantifique moelle en opérant une synthèse : la civilisation gallo-romaine… et puis les romains ne sont plus solvables. Olivier Grenouilleau, historien de l'esclavage peut bien préciser que "la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des Blancs, mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l'arrivée des négriers européens" à part les procès qu'on lui intente, il en tire peu d'avantages. Certes, ce n'est pas parce qu'on vous propose un esclave qu'il faut l'accepter… c'est ce qu'on devrait également se dire, peut-être, avant d'embaucher un immigré clandestin…

Pour en revenir à Lagardère, le patron cette fois, dont le groupe va être racheté par Vivendi, il a dit un jour : "Si vous avez besoin d’un mauvais acteur pour un film, je suis là, le ridicule ne tue pas." Là, j'hésite… mais est-ce que Taubira, dans un moment de faiblesse, ne pourrait pas être tentée de dire la même chose ?

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