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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

Ushu-aïe-aïe!

J'ai l'impression qu'on vient d'augmenter la sensibilité du violimètre. Déjà avec Branco, le Don Juan Lamaline, il s'était réveillé comme un compteur Geiger qui aurait vu passer un nuage radioactif au-dessus du Grand-Ballon d'Alsace, en aurait été surpris et qu'il aurait fallu secouer pour qu'il sonne l'alarme. L'avocat de Branco ne comprend pas : "la plaignante affirme elle-même qu’il n’y a eu ni violence, ni menace, ni manifestation de son opposition à la pénétration", "indique s’être déshabillée elle-même" et est "restée dormir avec Juan Branco après la relation sexuelle".

Je ne vais pas me lancer dans une anthologie du viol et assimilés, en commençant par ceux qui ont tellement secoué le violimètre que des répliques se sont fait sentir dans tous les pays,  j'ai nommé : Harvey Weinstein et Jeffrey Epstein… Restons français, ancrés dans le terroir où la tradition s'accommodait assez bien jusque-là de gestes déplacés envers... les vaches. Au Salon de l'agriculture, il était même conseillé à l'homme politique de leur mettre la main au cul. Fatale coutume qui ne pouvait qu'entraîner, par association d'idées, une extension du domaine de l'abus. Ainsi Jean Lassalle, ce maquignon plus vrai que nature, qu'on situerait plutôt au centre, s'est vu accusé par la dircom du Parti communiste français, Julia Castanier, de lui avoir mis la "main aux fesses". Peut-être que Jean redoute le débat d'idées et qu'à court d'arguments, il retombe dans l'ornière des lieux communs qui, pour lui, sont ouverts à tous. 

Autre grand moment de proximité quand les caméras du Petit Journal de Canal + le prennent en flagrant délit d'inventaire alors qu'il découvre le décolleté d'une jeune femme venue se  faire prendre en photo à ses côtés et qu'il y plonge les yeux comme s'il était sur le Pic du Midi. "Et ben dis donc! Tu vas me mettre en forme avant le discours toi", lâche l'élu qui aura du mal à la lâcher d'ailleurs, ce que confirme la désintéressée : "Mais il ne me lâche plus !". Ultérieurement, Jean Lassalle a pu préciser sa pensée sur le plateau de Paris Première. "Canal plus était en train de filmer et je vois arriver une nana qui était quand même assez… Je veux dire qu'elle n'avait pas froid, alors que nous étions à 800 m d'altitude. Alors on m'a reproché d'avoir regardé. Mais quand il y a une jolie dame tu la regardes…", s'amuse-t-il. Puis, lorgnant Audrey Pulvar, assise près de lui : "Depuis qu'Audrey est arrivée, elle me fait un drôle d'effet… Je me retiens quoi". Blasée peut-être, la journaliste commente : "C'était le petit moment féministe". Lassalle se met alors à crier, un sourire en coin : "On ne défendra jamais assez la cause des femmes, jamais !" Le Béarn est bien loin de Paris et les quelques allers-retours qu'il a pu faire n'ont pas suffi pour mettre à jour son logiciel. Ne sais-tu pas Jean, que toute caresse est désormais proscrite, serait-elle aussi éthérée qu'une œillade ? Le Gascon, visiblement, n'en a cure et récidive plaisamment au Salon de l'agriculture quand un journaliste l'interroge sur son cochon préféré : "Mon cochon préféré, c'est une petite cochonne. C'est mon épouse". Dommage qu'il ne se prénomme pas Gaston comme le comte de Foix, autre grand chasseur, car j'en avais une bien bonne, ragoûtante comme un cassoulet… Gaston Phallus… mais je m'égare… la contagion, sans doute.

Je passe sur Denis Baupin, le plus très Vert mais encore galant peut-être, Ary Abittan qui a raté son entrée côté jardin (pour un acteur, côté cour = côté cœur ; le côté jardin est plus sauvage surtout si on essaie de planter son poireau n'importe où), Jean-Luc Lahaye et ses chansons de gestes… déplacés, etc.

Et soudain, voilà que Nicolas, le chouette Hulot, se trouve à son tour à portée de canon. Ses semelles auraient pu être ailées comme celles de Rimbaud mais le voilà attifé de façon à toucher le fond. S'il entre malgré tout à l'Académie française, ses collègues se feront un malin plaisir de l'affubler d'un pesant surnom : "l'homme aux semelles de plomb". La marée médiatique, très agitée, cherche à noircir ses ailes de géant. D'abord une femme, qui dit avoir été violée, dans un parking, en 1989 : il avait 34 ans, elle en avait 16. Et les accusations de déferler en vagues mauvaises : des assistantes d’émission, des stagiaires, des jeunes femmes connues ou anonymes, une apprentie photographe (petite-fille de François Mitterrand) qui aurait passé une semaine chez lui sans ramener un seul cliché (n'aurait-elle pas oublié la pellicule...  c'était avant le numérique, peut-être), une fille de ministre, courtisée jusqu'à l'épuisement. "Et d’autres, impossibles à citer ici", selon l’ancienne journaliste d’Europe1, Bérangère Bonte, autrice de la première biographie de Little Hulot (Sain Nicolas, éditions du Moment).

Évidemment son avocat a beau jeu de se retrancher derrière la prescription qui ne permet pas au tardif coupable de se défendre : "à partir du moment où les faits sont prescrits – et c’est tout le paradoxe –, le mis en cause ne peut plus s’en défendre, en tout cas dans le cadre d’un vrai procès, mené de manière équitable et contradictoire, dans le respect des règles d’un État de droit. Comme ce n’est plus possible, à quoi assistons-nous ? Le procès médiatique vient se substituer à l’action judiciaire, devenue impossible, ces deux voies parallèles étant faites pour ne jamais se rencontrer. [...] On assiste à un renversement total de la charge de la preuve, où celui qui est accusé doit fournir la preuve de son innocence alors que la parole de celui qui accuse se suffit à elle-même. Cette présomption de culpabilité est complètement folle, c’est la négation même du droit !"

L'heure est grave...

Hommes de tous les pays, frères en contrition, va-t-il nous falloir régler, par prudence, le trouillomètre à zéro ?

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