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Y'en a vraiment qui débloguent...

Journal de bord d'un navigateur du web. Commentaires sur l'actualité, la société, la politique, les femmes, le sexe, l'âge, la vie...

Heureux comme un Noir en France

J'ai regardé "Noirs en France" sur France 2 et j'ai trouvé ce documentaire excellent ! En plus réalisé par un écrivain franco-congolais, ce qui certifie la traçabilité du produit.

Tout s'est déroulé comme prévu. J'avais pris une Kro dans le réfrigérateur et un paquet de chips et je me suis installé confortablement. Conformément au programme, on a donc eu droit à la petite fille rejetée par sa classe, que ses camarades renvoient sans pitié à sa solitude : "Il m'a dit : 'Tu es Noire, donc tu n'es pas belle et je ne joue pas avec toi'. Ça m'a rendue un peu triste". À Kathy, la danseuse de 22 ans, très belle, très douce, un petit rêve de femme-enfant, qui voulait rejoindre un corps de ballet classique et qui, lorsqu’elle est allée s’inscrire dans une école de danse, s’est vu répondre qu’il n’y avait pas de cours de hip-hop (on lui a aussi fait comprendre, pour ne rien oublier, que son corps n’était pas adapté : trop cambrée, trop de fesses) ! À Laetitia, haute fonctionnaire à la Cour des comptes qui, quand elle entre dans une pièce où on ne la connaît pas, est régulièrement prise pour son assistante et son assistante, une Blanche, blonde aux yeux bleus, pour elle. À Oumarou, en ménage avec une Blanche, une copine d'enfance qui préfère laisser sa femme réserver les chambres d’hôtel car "c’est tellement plus simple". Et même à Soprano, le Grand Soprano, sérieux comme un pape, onctueux comme un évêque, adulé comme un saint qui, un jour, crut voir les portes de l'enfer s'ouvrir avec un chuintement de chambre à air, dans un TGV où il voyageait en première comme un Aimé Césaire. Sous l'apparence d'un contrôleur, Belzébuth se manifesta dans un halo de fureur pour signaler que la seconde classe était plus loin et, se tournant vers le manager blanc du groupe, pour demander : "Ils parlent français, eux ?" Il devait être à la CGT.

Donc, jusque-là, tout allait bien, le racisme se montrait dans toute sa noirceur, installé sur la France comme un anticyclone poisseux, nous le prenions en pleine poire sans trouver la parade… sans peut-être trop la chercher, non plus, il est vrai...

Et puis soudain, voilà qu'on nous balance une expérience, censée nous porter l'estocade, une expérience où se révèle dans toute son horreur l'horrible dévoiement de la psyché des petites filles noires après le laminage méthodique de la discrimination. À ces petites filles innocentes, candides, que certains pourraient soupçonner d'avoir voulu bien faire pour gagner l'affection du colon-examinateur (le vilain, le gros colon), mais qui semblent échapper, grâce à leur virginité doctrinale, à la "menace du stéréotype" brandie à tout instant par les wokistes, à ces petites filles donc, voilà qu'on demande de choisir entre un baigneur noir ou un baigneur blanc (je tiens quand même à préciser, on ne sait jamais, que "baigneur" désigne ici une poupée ayant l'apparence d'un bébé et non un homme en maillot de bain… je ne voudrais pas qu'on me soupçonne, en plus, d'être pédophile !). Cette expérience ne fait que reproduire celle qui avait été effectuée aux Etats-Unis dans les années 1940, période bénie où la ségrégation était encore heureuse... Et que constate-t-on, comme par miracle,  en essuyant quelques larmes ?! Tout simplement que les résultats sont exactement les mêmes qu'en 40 ! Les petites filles choisissent immanquablement la poupée blanche et ce, même après le lavage de cerveau auquel Sandrine Rousseaux les a soumises lors de ses féroces meetings dans les maternelles, et qui était censé les avoir complètement déconstruites après essorage (je parle des petites filles, pas de la poupée)... 

Et là, je me suis dit, en brandissant une chip (apparemment, le dictionnaire de l'Académie recommande d'en brandir plusieurs pour être en conformité avec la grammaire) : "Ce n'est pas possible ! Il faut faire quelque chose !"

En même temps, un certain soulagement commençait à manifester timidement sa présence après tant d'années de répression, au siège de ma personnalité morale. Notre irresponsabilité était enfin reconnue, ce fameux "privilège blanc" dont on nous accable était relégué au bureau des idées perdues, même notre bonne volonté n'y pouvait mais (vous avez sans doute remarqué comme moi que les publicités sont désormais truffées de "représentants de la diversité"... par qui ont-ils été élus, on se demande… au point qu'on pourrait croire que nos paraboles se sont orientées vers le Sénégal ou le Congo, sur injonction du CSA). 

Car ces petites filles, Dieu les garde, sont les véritables arbitres du débat, la vérité, par leur bouche, se redresse enfin, libérée de l'étreinte sucrée des idéologies en bois de rose. Elle nous lave de nos péchés et notre couleur virginale reprend enfin de l'assurance. Les faits sont éblouissants : aujourd'hui comme en 40, le blanc est toujours leur idéal (l'idéal des petites filles issues de la diversité,  pour faire court), leur espoir, l'horizon indépassable de leur future humanité. 

Alors, j'ai fait un rêve (I have a dream pour les anglophones)

Tout n'était pas perdu, nous allions pouvoir enfin éradiquer ce désagréable problème de la récrimination raciale. Je ne me cachais pas qu'il y avait encore quelques petits problèmes techniques à régler… le blanchiment de masse n'en est encore qu'à ses débuts… mais nous étions sur la bonne voie et l'envie est là, incontestablement, comme le confie une autre petite fille du documentaire, avec sa jolie frimousse et ses nattes qui lui retombent sur les yeux comme les racines aériennes d'un banian : "J'ai dit à ma maman que quand je serai grande, j'achèterai de la crème pour me blanchir." Et en effet, des crèmes à base de cortisone sont utilisées aujourd'hui par certaines Africaines (les plus avancées dans la recherche de l'excellence…) mais c'est une méthode artisanale et très dommageable pour la peau. Malgré leur interdiction en France et en Europe, on en trouve facilement dans certaines boutiques, sur internet et même dans la rue, ce qui prouve, s'il le fallait encore, que la demande est là. Je rappelle aussi que cette quête de blancheur existait déjà dans l'Égypte antique avec du carbonate de plomb.

Je crois profondément que c'est le génie génétique qui nous sauvera. Je mets tous mes espoirs dans la science et je milite ardemment pour une accélération de la recherche qui permettrait à tous les Noirs de devenir enfin blancs de façon sûre et permanente… la paix sociale est à ce prix. Le futur président de la République devra s'atteler à ce chantier international !

Et qu'on en finisse avec ces débats ridicules sur la liberté ou non de se noircir (le droit à la noirceur). Car il y a encore des gens qui légitiment le chemin inverse (des Américains, évidemment) et mettent en avant toutes les tentatives les plus ridicules de se noircir ! Je ne parle bien sûr pas du "blackface", qui a eu son heure de gloire et encore dernièrement grâce à Antoine Griezmann… celui-ci malgré tout, n'est pas accusé d'être raciste, mais d'avoir commis un acte raciste, car les bonnes intentions d'une personne ne peuvent excuser un déguisement déplacé… (c'est, curieusement, l'exact inverse de la justice en France, ou les intentions sont prises en compte pour atténuer les peines) ! 

Là-dessus je suis surpris de me retrouver sur la même position que les genristes… Par exemple, cette Rachel Dolezal, professeure en African studies, mère de deux enfants noirs, qui a été démasquée par ses propres parents. Elle se fait passer pour noire depuis de longues années, sans avoir une once de mélanine dans la peau. Dans un article, une certaine Rebecca Tuvel, professeur aussi évidemment, a voulu prendre sa défense avec l'argument en sucre d'orge suivant : puisque nous admettons le transgenrisme, le droit de personnes nées homme de s’identifier comme femme, pourquoi ne pas accepter le transracialisme, le droit de personnes nées blanches de se transformer en noires ? Refuser à ces personnes de se définir comme noires, serait reproduire une conception essentialiste de la race, alors que celle-ci n’est qu’une construction sociale (God save Sandrine Rousseau !) Aussitôt, une pétition dénonçant cette audace conceptuelle fut signée par 800 personnes dont la célèbre théoricienne du genre Judith Butler et deux universitaires féministes, qui avaient figuré au jury de thèse de Rebecca Tuvel, consacrée aux "injustices épistémiques subies par les femmes et les animaux non-humains." Ces dames exigeaient le retrait de l’article et des excuses publiques de la part de son auteure. Selon la procédure habituelle, Tuvel a ensuite été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, d’une véritable chasse aux sorcières et de menaces de mort pour finir. Et les éditrices de la revue Hypatia ont présenté leurs excuses pour avoir publié son article. Bel exemple de bouillie bien pensante ou le ridicule combat le ridicule en se croyant édifiant.

Par contre je suis un peu surpris par la remarque de l'acteur Jean-Pascal Zadi selon qui la prise de conscience de la discrimination est plus forte dans un couple mixte. Veut-il dire que l'épouse noire d'un homme noir ne ressent pas le racisme ?!!! Mais alors, cela signifierait qu'elle s'est tranquillement habituée au racisme… et tout serait déjà pour le mieux dans le meilleur des mondes ?… en attendant les progrès du génie génétique pour que ce soit encore plus mieux (le dictionnaire de l'Académie …)

Écrit en janvier de l'an 2022 du fin fond d'un EHPAD, quelque part en France

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